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WEBLIOGRAPHIE DE LA CIVILISATION CHINOISE

par

Daniel Arthur Laprès

 

 

 
 


LA PHILOSOPHIE EN CHINE


Le confucianisme

Confucius est né en 551 avant JC à Qufu dans le Shandong. Élevé dans un milieu modeste, il a été nommé à environ 20 ans à un poste mineur dans l’administration locale. Dès l’âge de 30 ans, il avait acquis une renommée à cause de son intelligence et du sérieux de son travail. Pourtant, il provenait d’un lit de concubin de noble, ce qui explique éventuellement les succès mitigés de ses voyages dans les royaumes environnants recherchant, comme le faisaient déjà depuis la dynastie Chou les « intellectuels », auprès des nobles des missions de conseil ou de tutorat. Finalement, Confucius s’est décidé à consacrer ses énergies à fonder la première école privée de l’histoire de la Chine. L’éducation morale occupe un rôle central dans le confucianisme. Confucius acceptait les élèves de qualité quels que soient leurs origines sociales.

Confucius a formé plus de 3.000 candidats dont 70 sont considérés comme des grands maîtres. À travers ces formations et les disciples qui les ont portées à travers tout l’Etat chinois, Confucius a propagé ses idées sur la philosophie, le gouvernement et la société.

Après sa mort à 72 ans, certains de ses disciples ont veillé à sa tombe pendant plusieurs années.

Confucius s’adressait aux classes cultivées en empruntant largement au culte du Ciel selon la tradition ancestrale chinoise. La loi du Ciel est fondée dans le « dao » (la voie). L’Empereur est le « Fils du Ciel ». Mais Confucius ne s’adonnait pas au spirituel; ainsi ses propos ne contiennent que peu de références tout être surnaturel. A peine trouve-t-on dans les écritures confucéennes des références à « l’Esprit du Ciel » (« tian shen ») ou quelques références à des esprits (« gui »). Mais lorsqu’il est interrogé sur sa pratique de la prière, Confucius demande d’abord à savoir ce que c’est, avant d’avouer s’être souvent adressé à l’Esprit du Ciel.

Confucius donnait clairement la priorité au service du peuple par rapport à toute allégeance à des esprits. Confucius arrêtait toute discussion sur la mort en faisant observer qu’on ne pouvait guère discuter de ce que l’on n’avait pas expérimenté.

L’oeuvre confucéenne n’a été reconnue comme importante que trois siècles après sa mort. Le seul livre auquel Confucius ait personnellement contribué est « Les annales du Printemps et de l’Automne » raconte l’histoire du Royaume de Lu mais Confucius y apporte des retouches traduisant ses opinions particulières. Ainsi, il imagine une éclipse qui n’a pas eu lieu pour signifier que le Seigneur n’avait pas suivi l’illumination divine.

La pensée de Confucius est homocentrique en ce que « l’habileté d’un homme met en valeur le dao et pas le contraire ». Elle est empirique :

« Dans les affaires de ce monde, il n’existe aucune règle fixe. Le seigneur ajuste son comportement à la situation. »

Selon Confucius, les éléments primordiaux dans les relations humaines bonté (ren yi) sont la bonté et le respect des rites. Ainsi,

« Régulé par les seuls arrêtés et les punitions, le peuple ne saura que comment éviter les ennuis et ne rencontrera pas la honte. Mais s’il est guidé par les vertus et les rites, le peuple aura non seulement un sens de la vergogne mais saura aussi corriger lui-même ses erreurs. »

et

«  Un roi doit employer ses ministres en respectant les rites et les ministres lui doivent leur loyauté. »

Parce que les subordonnés imitent leurs chefs, il incombe à ces derniers de donner un bon exemple. Selon Confucius, « si le seigneur adopte un comportement correct, le peuple lui obéira sans avoir à y être contraint ».

Confucius recommandait aux gouvernants de chercher d’abord à enrichir le peuple et ensuite à l’éduquer.

Les personnes de talent devaient participer au gouvernement pendant les périodes de gouvernement conforme aux exigences confucéennes, tout en évitant de le faire si le gouvernement déviait de la voie confucéenne.

Dans la famille, les relations sont hiérarchisées, le fils étant soumis au père, l’épouse à l’époux, le fils cadet au fils aîné. Dans les relations entre personnes sans lien familial, les participants sont assimilés à des frères, grands et petits. Confucius recommande à l’enfant qui a surpris son père en flagrant délit de vol de ne pas le dénoncer (bien que sous la loi impériale ultérieure il était exposé à des sanctions si le délit est découvert par ailleurs).

Confucius lui-même identifie l’idée centrale de son système comme le « zhong  shu », soit la conjugaison de la loyauté et du pardon. Le « zhong shu » se pratique à travers la bonté (« ren yi ») qui consiste en ce que

« L’homme de bonté aide autrui à établir ce qu’il voudrait lui-même établir. La bonté consiste à traiter les autres comme on voudrait être traité. »

Confucius ne s’écarte jamais très loin des schémas pratiques qui privilégient l’effort d’amélioration de soi-même par l’éducation et la stabilité de la société à travers la pratique des rites. Ainsi selon Confucius :

« Aimer sans bonté sans recherche des connaissances, c’est s’exposer à être trompé. Faire confiance à la sagesse sans recherche des connaissances, c’est s’exposer à une vie dissolue. Être honnête sans connaissances, c’est se prêter à être exploité et s’exposer à l’autodestruction. Être droit sans connaissances, c’est s’exposer à la parole blessante. Le courage sans amour des connaissances engendre la désobéissance. La fermeté sans connaissances est susceptible de se transformer en témérité. »

Au-delà de l’exégèse de son texte fondateur, le confucianisme a développé au cours des siècles une architecture de concepts axiaux qui ont soutenu la société et la civilisation chinoises pendant plus de 2000 ans.

L’homme vertueux pratique les 3 vertus : le respect des parents, l’exercice consciencieux de fonctions publiques, et la loyauté et l’honnêteté envers les amis, tout en développant les 4 qualités : la fermeté, la résolution, la modestie et la prudence.

L’homme vertueux pratique les 4 disciplines : les classiques, le comportement social, la loyauté aux supérieurs et la loyauté envers les autres.

L’homme vertueux se récrée dans la pratique des 6 arts : la musique, les rites, le tir à l’arc, la conduite de chariots, les oeuvres classiques et les mathématiques.
 
Confucius condamnait les 4 défauts : les spéculations excessives, les arguments en termes absolus, l’obstination et l’égoïsme.

S’agissant des rapports avec le matérialisme et la richesse, Confucius disait que

« Chacun désire la richesse et les hautes positions, mais un noble ne saurait les accepter sauf aux avoir obtenus par des moyens justes. Chacun déteste la pauvreté et les positions basses, mais un noble ne saurait s’en échapper par des moyens injustes. »

Aux gens de bonne famille, il rappelait qu’il est « indigne pour un homme éduqué de se laisser aller à une vie facile et confortable ».

Le confucianiste pratique une discrimination entre les classes par la distinction entre « les nobles qui embrassent la loi alors que les petites gens cherchent leurs intérêts personnels. »

À l’époque des Etats en Guerre, le plus grand des disciples de Confucius, dit Mencius, a eu une influence spécialement importante à la Cour du roi Wei de l’Etat de Qi qui a ouvert le Palais de la Connaissance Jixia où il attirait les grands penseurs de l’époque qu’il s’agisse de philosophes (confucéens, taoïstes, mohistes, légalistes, etc.) ou encore des savants des connaissances profanes (agriculture, affaires militaires et politiques, etc.). Mencius s’est préoccupé de savoir comment justifier des changements de roi et comment savoir quel serait le successeur désigné par le Ciel.

Un autre intellectuel confucéen de grande influence a été Xun Zi qui a admis l’existence de règles de la nature immuables tout en laissant à l’homme la possibilité d’influencer son sort par son activité.

A l’époque de la dynastie Han, la version originelle du confucianisme supposait l’égalité des hommes et des chances d’ascension sociale, Han Yu a apporté l’argumentation devant servir aux classes supérieures pour exclure les classes inférieures de voies d’ascension.

Un des concepts radicalement importants dans la pensée chinoise est fondé sur le « yin » et le « yang ». Evoqué à l’origine dans « Le Livre des Changements », dont le premier chapitre concerne le « qian » (le créatif) et le « kun »(le réceptif) ; « qian » correspond à « yang » et « kun » à « yin ». Littéralement, les expressions signifient être face (« yang ») ou dos (« yin ») au soleil. Chaque phénomène manifeste des aspects « yang » et des aspects « yin », ainsi le ciel et la terre, le soleil et la lune, le jour et la nuit, la vie et la mort, le mâle et la femelle, le chaud et le froid, la dureté et la souplesse, l’actif et le passif, le positif et le négatif, l’offensive et la défensive, l’extroverti et l’introverti, le bon et le mauvais, le beau et le laid, etc. Ces forces engendrent un processus continu d’évolution. Le « Livre des Changements » a été traduit en de nombreuses langues étrangères.
 
 
 
 

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